La question brûle les lèvres. Comment Lyon a-t-il pu montrer deux visages aussi différents à cinq jours d'intervalle ? Totalement déficients tant en défense qu'en attaque mardi soir à Gerland contre les Glasgow Rangers (0-3), les Lyonnais ont retrouvé leur football à la fois technique et efficace dimanche à Bordeaux (3-1). Des fois, une bonne claque remet les idées en place et les jambes à l'endroit. L'OL a outrageusement dominé ce premier grand choc de la saison et il n'y a pas eu photo. Si Lyon a retrouvé ses vertus, les Girondins ont semblé bien tendres et très loin de la rigueur inculquée il n'y a pas si longtemps par Ricardo. Ce large succès de Lyon n'effacera évidement pas son cauchemar européen mais il lui permet d'affermir encore davantage ses ambitions dans l'Hexagone, qui passent par un septième titre d'affilée. Avec 22 points, Lyon reprend le fauteuil de leader à égalité avec Nancy, qui compte toujours un match de retard. Bordeaux, toujours sans victoire à domicile face au sextuple champion de France depuis 1999, recule d'un cran (4e).
Alain Perrin a placé son équipe en 4-3-3, a maintenu sa confiance à Cleber Anderson et Grosso - deux grosses déceptions de mardi -, a enfin donné sa chance à Fabio Santos dans le rôle de sentinelle devant la défense et a eu la bonne idée d'associer à nouveau les deux perles Ben Arfa - Benzema, ce duo d'ados merveilleux qui avait fait tourner en bourrique les défenseurs messins début septembre (5-1). Face à cette armada, l'équipe-type de Laurent Blanc n'a pas tenu le choc et a sombré dès le début du match. Après cinq minutes de jeu, Cleber Anderson s'est trouvé seul au second poteau et a converti de la tête un coup franc de Juninho (5e). Après qu'un but valable lui eut été refusé, Benzema a doublé la mise d'un boulet de canon (24e). Ramé et Bordeaux n'ont pourtant pas lâché prise et les entrées en jeu à la reprise du vif Alonso et du technique Chamakh n'ont pas permis de changer la donne, Källström évacuant tout suspense à l'heure de jeu. Sur un nouveau coup franc de Juninho, le Suédois s'est retrouvé étrangement seul pour tromper l'impuissant Ramé de la tête (61e). A cinq minutes de la fin, Jussiê a sauvé l'honneur sur une passe de Chamakh. Mais c'était fini depuis longtemps, Bordeaux subissant sa deuxième défaite de la saison, la seconde sur sa pelouse.